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CTD Seabird - Exemples de pannes, câbles et pompes

Quelques exemples de pannes rencontrées sur le terrain, avec un accent sur le collecteur, l'épissure, les connecteurs et les pompes.

Publié le 14 mai 2026

Quelques exemples de pannes

Le guide original s’appuie sur des cas réellement rencontrés en campagne. Cette approche est précieuse, car elle montre que les pannes les plus pénalisantes proviennent souvent d’éléments très matériels de la chaîne de mesure.

Collecteur tournant

Le collecteur tournant assure la continuité électrique au niveau du treuil entre l’alimentation venant de l’unité de pont SBE11+ et le câble électro-porteur. Si la soudure avec le câble électro-porteur n’est pas correctement réalisée, ou si elle subit des efforts mécaniques trop importants, le conducteur peut se rompre et provoquer une panne d’alimentation franche.

Le câble de test permet alors de vérifier rapidement si la CTD fonctionne toujours correctement en direct. Si c’est le cas, l’origine de la panne se situe très probablement dans l’épissure ou dans le collecteur tournant.

Contact tournant ou collecteur tournant

Contact tournant également appelé collecteur tournant.

Il m’est déjà arrivé de réaliser l’ensemble des tests :

  • tests d’isolement et de continuité bons
  • test d’alimentation de la CTD correct

puis, à la troisième mise sous tension, plus rien: la CTD ne semble plus alimentée ! On utilise alors le câble de test, en direct, pour vérifier que la CTD fonctionne toujours correctement. Dans l’affirmative, c’est soit l’épissure, soit le collecteur tournant. Dans ce cas précis, il ne restait sans doute qu’un seul brin de cuivre sur la soudure entre le contact tournant et le câble électro-porteur, brin qui a dû faire fusible à la troisième mise sous tension !

Court-circuit et boîte de jonction

Une vis mal serrée dans la boîte de jonction du treuil peut créer un court-circuit intermittent et perturber fortement la qualité du signal. En cas de court-circuit franc, c’est généralement le fusible sea-cable de l’unité de pont qui fond.

Court-circuit intermittent dans une boîte de jonction

Exemple de défaut dans une boîte de jonction assurant la liaison entre contact tournant et câble électro-porteur.

En cas de court-circuit franc, c’est le fusible du circuit alimentation de la bathysonde, nommé “sea-cable” sur la face arrière de l’unité de pont qui doit fondre (fusible 500 mA rapide). Il est fortement conseillé d’en avoir un stock conséquent à bord.

Épissure

Voir l’article Réaliser une épissure sur un câble électroporteur

Une épissure défaillante peut se traduire par:

  • un court-circuit franc
  • des faux contacts intermittents en bougeant l’épissure
  • une présence correcte du 250 V continus à vide mais un fonctionnement instable dès que la CTD est branchée

Câbles et connecteurs

Les câbles sont parmi les éléments les plus sensibles du système. Ils sont nombreux, parfois envahissants, et peuvent vibrer pendant le profil A/R jusqu’à créer des faux contacts. Le guide original recommande notamment:

  • de soigner la fixation des câbles
  • de privilégier l’utilisation de ruban adhésif type Scotch 3M 33+
  • d’éviter les colliers qui blessent le revêtement néoprène
  • de ne pas laisser de câble volant
  • de ne pas utiliser de cutter pour couper le ruban adhésif au démontage

Les connecteurs doivent être nettoyés à l’alcool isopropylique, les portées très légèrement graissées, et les contacts inspectés attentivement, notamment après immersion ou remontée avec comportement erratique.

Nettoyer avec une lingette en coton non pelucheux et de l’alcool isopropylique puis graisser très légèrement avec de la graisse silicone (Parker O-ring ou Molykote). Au montage, on doit entendre le bruit caractéristique de l’air qui est chassé (ploc !). Si ce n’est pas le cas, l’eau peut entrer légèrement dans le connecteur lors des premiers mètres de la descente et induire une corrosion lente.

Corrosion lente

Exemple de corrosion lente sur un connecteur.

Au bout de quelques profils, et sous l’effet de la pression, un court-circuit peut se produire de façon aléatoire lors de la descente. Et tout fonctionne normalement une fois la CTD sur le pont ! Dans ce cas, débrancher un par un tous les capteurs et vérifier l’état des connecteurs, voir l’exemple ci-dessus.

Une panne similaire peut arriver avec le connecteur 2 broches d’alimentation.

L’alimentation de la bathysonde est en 250 volts continus, il peut se produire un arc électrique avant le claquage du fusible, avec dépôt de carbone entre les deux contacts. Le connecteur a l’air visuellement en bon état mais il est à changer car il est en court-circuit. Il faut dans ce cas, ouvrir la CTD et changer le connecteur du TAP supérieur. Le diagnostic à l’ohmmètre est impossible tant que le connecteur n’est pas débranché de l’électronique.

Embase de connecteur d'alimentation 2 broches

Embase de connecteur d’alimentation 2 broches en court-circuit.

La diode D1 de la carte Sea-cable interface (SBE9+) peut dans certains cas être à changer.

Pompes

Les pompes des circuits T/C/O2 sont essentielles à la qualité des mesures. Les pannes de pompes, ou les faux contacts sur le câble d’alimentation en Y, se traduisent souvent par des profils d’oxygène dégradés, bruités ou incohérents.

Le guide original rappelle aussi un point simple mais important: les pompes étant lubrifiées par l’eau de mer, il ne faut pas les laisser fonctionner dans l’air plus de quelques secondes.

Pour tester le bon fonctionnement des pompes au laboratoire sans avoir à plonger le capteur primaire dans l’eau de mer, il suffit d’intervertir les capteurs de température et de conductivité du circuit primaire. Brancher le capteur COND 1 sur JB1 et TEMP1 sur JB2. À 20 °C, la fréquence de sortie du capteur de température est supérieure à 4 000 Hz et suffit à faire démarrer la pompe au bout de 60 secondes.

Pour la maintenance de la pompe, voir la note d’application SBE 5T Pump Maintenance sur le site web de Seabird.

Profil d’une station CTD-O2 correct: on observe tout juste un léger décalage absolu entre les deux profils descente/montée et les capteurs primaire/secondaire d’oxygène, écart qui sera corrigé lors de l’étape d’ajustement avec les prélèvements bouteilles analysés par la méthode de Winkler:

Profil d’une station CTD-O2 correct

Profil d’une station CTD-O2 correct.

Profil d’une station CTD-O2 où l’on observe un problème sur la pompe du circuit primaire à la fin du profil de descente vers 2 220 dbars. Dans ce cas particulier, la pompe du circuit primaire a été changée avec succès pour le profil suivant:

Profil avec un problème sur la pompe du circuit primaire vers 2 220 dbars

Profil d’une station où on observe un problème sur la pompe du circuit primaire à la fin du profil de descente vers 2 220 dbars.

Faux contact sur le câble en Y, on observe des données bruitées en début de profil.

Profil avec un faux contact sur le câble en Y

Profil avec un faux contact sur le câble en Y.

Inversion des coefficients de calibration des capteurs d’oxygène, on observe des profils d’allures identiques mais de valeurs absolues fort éloignées.

Inversion des coefficients de calibration des capteurs d’oxygène

Inversion des coefficients de calibration des capteurs d’oxygène.

Un dernier exemple montrant ce qu’il se passe lorsque l’eau ne circule pas correctement dans les capteurs. Ici, le bouchon protégeant le circuit de pompage entre 2 stations a été oublié par mégarde.

Bouchon protégeant le circuit de pompage entre deux stations oublié par mégarde

Bouchon protégeant le circuit de pompage entre deux stations oublié par mégarde.

Le résultat sur la même station avec un nouveau profil sans le bouchon !

Profil réalisé une seconde fois sans le bouchon

Profil réalisé une seconde fois sans le bouchon.

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